Un poste fixe sinon rien Monsieur le recruteur !

Publié le par Philippe GRIMALDI

 

Une petite mise au point me semble nécessaire devant l’afflux de discours de la pensée unique du candidat consultant senior SAP qui a 3/5 ans d’expérience du Conseil SAP, âgé généralement de 30/35 ans en moyenne, et qui ne cesse de répéter à longueur de journée à qui veut bien l’entendre, qu’il cherche uniquement un poste de chef de projet SAP en fixe chez un utilisateur final SAP (end user comme on dit dans notre jargon barbare).

 

 

 

Le discours bien rôdé du candidat dit généralement ceci à la virgule près (cela manque cruellement d’originalité mais c’est ainsi !) : Monsieur le gentil recruteur, je veux absolument trouver un poste de chef de projets SAP en fixe afin de pouvoir :

 

 

  1. monter en compétences dans le management d’une équipe projet SAP (équipe interne et/ou équipes de prestataires)

     

 

 

  1. poser enfin mes lourdes valises et me sédentariser car j’ai dorénavant une femme et des enfants en bas age, et j’aimerais de ce fait les voir grandir (les enfants), être plus souvent à la maison (j’en ai marre du TAH train/avion/hôtel) et travailler moins dur (équilibre vie pro/vie privée).

     

 

 

  1. gagner plus d’argent car je suis exploité là où je suis (sic, c’est bien connu les SSII sont des exploiteurs) !

     

 

 

  1. ne plus faire de technique ni de MOE car c’est dévalorisant et inintéressant au possible mais me concentrer sur la MOA SAP …

     

 

 

  1. travailler sur des projets SAP long terme intéressants et valorisants intellectuellement parlant (pour faire travailler et entretenir mes jolis neurones, même si je suis blonde).

     

 

 

 

 

 

 

Tout ceci est très louable et très intéressant d’un point de vue sociologique, mais ressemble étrangement à une belle liste de Noël hélas bien éloignée (à des années lumière en fait) des réalités cruelles quotidiennes !

 

 

 

En effet, voici alors ce que je prends plaisir à répondre (point par point s‘il vous plait excusez du peu !) à ce type de discours formaté et profondément utopique :

 

 

 

  1. Les clients finaux (s’ils recrutent sur SAP ce qui est plutôt rare de nos jours sauf dans le cadre des très grosses structures internationales dont je tairais ici les noms ou lorsqu’il s’agit uniquement de remplacer un départ !) ne cherchent pas de profils de chefs de projets SAP (ils en ont déjà trop et ne savent pas quoi en faire !) mais bien des consultants séniors opérationnels qui vont mettre les mains dans le cambouis et faire du customizing à longueur de journées, quand ce n’est pas du développement abap en mode TMA !

     

 

 

  1. Pour la sédentarité, c’est plutôt raté car le plus souvent (dans 90 % des cas), les contextes projets SAP des grosses entreprises utilisatrices qui recrutent sur SAP sont d’effectuer des roll out (déploiements dans le texte français) au sein des 25 000 sites présents sur les 5 continents, déploiements pour lesquels une très forte mobilité géographique est requise (3 semaines au Brésil, 2 mois aux USA, ….) !

     

 

 

  1. Pour l’argent, pas de chance c’est aussi raté car le Conseil paie en moyenne 20-25 % de plus que les utilisateurs finaux SAP, à de rares exceptions près. Tout dépend en fait de 2 paramètres : quel est l’employeur côté SSII (écart de 20 % pour un même profil SAP entre les riches et les pauvres ou entre les généreux et les radins c’est comme cela vous arrange !) et quel est le secteur d’activités et/ou la taille (Grande entreprise ou bien PME) de l’entreprise utilisatrice SAP (pour prendre un exemple qui marquera les esprits, entre le luxe et la grande distribution il y a un monde et comme un léger fossé …) !

     

 

 

  1. J’ai déjà plus ou moins répondu à ce point là dans le chapitre 1. Le consultant en ccSAP chez le client utilisateur devra le plus souvent posséder un profil technico-fonctionnel SAP (pour faire simple : qui inclut du paramétrage) voire technique (pour faire simple qui inclut du paramétrage ET du développement spécifique en abap) ! La  MOA est en effet généralement réservée aux directions métiers ou aux représentants des directions métiers (en clair des opérationnels purs et durs qui connaissent sur le bout des ongles le fonctionnement, les process métiers et la culture de leur entreprise) ou encore (autre cas de figure possible) elle sera confiée (sous-traitée) à des consultants externes très friands de BPR (réengineering de processus métiers pour faire simple) qui viendront mettre du sang neuf et des idées révolutionnaires dans cette belle mécanique bien huilée mais au combien désuète.

     

 

 

  1. Enfin pour l’intérêt intellectuel des projets (le côté sexy et fun at work), c’est là aussi discutable et très aléatoire (cas par cas), car bien souvent les consultants internes en ccSAP sont affectés à de la TMA à faible valeur ajoutée (ie petites modifications et débuggages mineurs), une fois que le projet (core system) est en production (sauf peut-être dans le cas des upgrades/montées de version) ! En revanche, côté Conseil en SSII, on peut dire que la variété et la diversité des clients des SSII laisse supposer que l’on s’ennuiera moins vite ou du moins qu’on aura la possibilité de changer plus souvent de contexte et d’environnement de travail …

     

 

 

 

 

Conclusion générale : il existe et il persiste côté candidats SAP des préjugés qui ont la vie dure mais l’objectif de ce petit exercice de style tend à démontrer que c’est commettre une grave erreur de jugement que de cracher sur les postes SAP dans le Conseil ! (d’ailleurs, on ne doit jamais cracher dans une soupe qui nourrit si bien …). Une chose est sûre, parmi les rares consultants SAP qui ont pleinement réussi leur passage du Conseil vers un poste fixe, et ceci sans y laisser trop de plumes (côté salaires surtout), il s’en trouve une nette proportion (de l’ordre de 80-90 % des cas) qui a eu la très bonne et heureuse idée de frapper à la porte d’un de ses anciens clients (en tant que prestataire de service). Ceci est plutôt logique et sain quand on y réfléchit bien, car dans ce cas de figure bien particulier, il n’y a pas de tromperie sur la marchandise (si je puis m’exprimer ainsi) : le client (end user SAP) sait ce qu’il achète (cher de surcroît !) car il a testé longuement le service rendu, et le candidat sait aussi de son côté ce qu’il y trouve comme intérêts (pour avoir aussi testé ce mode de collaboration) !

 

 

 

 

 

 

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