Ce succès est en réalité avant tout un succès par défaut. Si certains brokers réussissent à gagner des parts de marché dans le vaste secteur "fourre-tout" des services en recrutement (où le pire côtoie bien souvent le meilleur), c’est selon nous uniquement parce qu’ils profitent des faiblesses et des carences de certains cabinets de conseil en recrutement traditionnels, cabinets qui se sont progressivement décrédibilisés, pour n’avoir pas su (ou pas pu) s’adapter à leur marché et à leur environnement concurrentiel. Cet environnement concurrentiel exige en effet des prestataires de services "toujours plus, toujours mieux, toujours moins cher et toujours plus vite". Si le prestataire veut se donner les moyens de rester dans la course, il doit savoir répondre efficacement à ces nouvelles exigences imposées par la clientèle (par les cabinets de conseil et les SSII en premier lieu). Les entreprises recruteuses n’ont en effet que l’embarras du choix tant l’offre de services des cabinets de recrutement est pléthorique et variée (plusieurs milliers de cabinets de recrutement coexistent en France dont une grande majorité interviennent en région parisienne). En revanche, d’un point de vue qualitatif, l’offre de services est beaucoup moins pléthorique et les prestataires honnêtes, efficaces et professionnels se font bien plus rares ! En y réfléchissant bien, c’est finalement assez normal et légitime car un cabinet de conseil en recrutement doit pouvoir et savoir survivre. Or, de par cet objectif ultime de pérennité, il se rend parfois "faible devant l’éternel" et accepte en conséquence de vendre des missions de conseil en recrutement, pour lesquelles il n’est clairement d’emblée pas le plus compétent ou du moins le plus compétitif, en rapport avec la concurrence. C’est en fait, cet arbitrage incessant et cruel entre d’une part, le fait pour un cabinet de (bien) gagner sa vie et, d’autre part, le fait d’exceller dans son métier, qui est (en partie) à l’origine de la montée en puissance des cabinets dits de "brokers-agences de placement", qui ont su, de leur côté, exploiter efficacement cette défaillance et faiblesse de certains cabinets dits "traditionnels" !
L’autre responsabilité en cause provient sans nul doute des entreprises recruteuses elles-mêmes, qui ne savent pas toujours acheter des prestations intellectuelles d’une manière rationnelle et organisée, en cédant assez souvent à des achats coup de coeur ou dits affectifs. En effet, le métier d’Acheteur est un métier à part entière, avec des stratégies, des objectifs, des pratiques (best practices), des codes de bonne conduite et des outils qui lui sont propres et inhérents. Tant que l’entreprise recruteuse n’appliquera pas ces méthodes rationnelles et efficaces à l’achat de ce type de prestations intellectuelles (conseil en recrutement en l’occurrence), elle se trouvera parfois confrontée à de mauvais choix et donc in fine à de mauvais résultats.
En conclusion, nous dirons que :
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