Mercredi 7 janvier 2009
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Tous les observateurs avisés du marché SAP auront sans doute remarqué que le monde du freelancing SAP est en pleine expansion depuis 5
ans en France et gagne chaque jour davantage de terrain face au monde du salariat, notamment chez les consultants expérimentés (au-delà de 3 ans d’expérience SAP et ce quelle que soit la
spécialité SAP).
En effet, la plupart des consultants seniors SAP dans le Conseil se sont rendus compte qu’en se mettant à leur compte ils pouvaient
sans trop de difficultés (quand la crise financière mondiale ne vient pas pointer son nez) doubler leurs revenus tout en faisant le même travail qu’en SSII !
De surcroît, le freelancing SAP offre de multiples avantages (liste non exhaustive) :
- on gère son temps comme on veut
- on pose ses congés quand on veut
- on peut travailler 6 mois dans l’année pour un même
revenu global que le salariat ….
- on peut travailler avec qui on veut (on n’est pas
« marié » à une SSII spécifique)
- etc etc ….
Le freelancing SAP offre aussi bien entendu des inconvénients (revers de la médaille) :
- si on est en intercontrat (en période de crise
financière ou de retournement du marché notamment), on ne gagne rien !
- on a du mal à se former et à développer de nouvelles
compétences SAP (faute de temps ou de motivation car on est trop souvent le nez dans le guidon à enchaîner mission sur mission pour maximiser son
profit et pouvoir ainsi acheter une belle montre blingbling ou une belle voiture rouge)
- il est difficile de sortir de son domaine de
compétences (missions pompiers ou missions d’expertise 100 fois déjà vues) car le client (direct ou indirect) qui fait appel à vos services le fait car il est « rassuré » par votre
statut plus ou moins officiel d’expert FI AA ou d’expert CO-PA !
- on peut se sentir isolé dans son quotidien du fait de
son statut d’indépendant (indep pour les branchés) : les pots de fin de mission ou les events ne
sont pas toujours accessibles aux freelances ! ….)
- il est souvent difficile de passer en clientèle d’un
rôle d’expert d’un ou de 2 modules à un rôle de chef de projets et d’équipes,
- etc etc ….
Ce phénomène est en partie du à l’absence ou à la quasi absence de possibilités d’évolution de carrière vers le management d’équipes
et de projets SAP dans le Consulting. En effet, les besoins de compétences et la demande des clients restent concentrés sur les experts techniques ou fonctionnels SAP (3/5 ans d’expérience SAP)
et non pas sur les missions/positions de directions de projets/programmes SAP toujours en faible nombre (le ratio moyen habituel est de 1 CP-DP pour 50 experts-analystes SAP sur un gros projet
SAP de plusieurs millions d’euros de budget).
La conséquence directe de ce phénomène est la suivante : il est de plus en plus difficile pour les cabinets de Conseil SAP de
recruter des seniors SAP en CDI et ils se voient chaque jour davantage obligés ou contraints (par la force des choses) de recourir aux services de freelances SAP pour staffer leurs projets (le plus souvent d’anciens salariés passés de l’autre côté de la barrière). Ceci n’est pas sans incidence sur les prix des prestations
SAP payés par le client final (end user) et sur les marges brutes des SSII : à un prix de vente égal, la SSII va faire beaucoup moins de marge brute avec un freelance qu’avec un salarié et
de la même manière, à une marge brute égale, le prix de vente au client va devoir augmenter de manière substantielle.
Ainsi, la montée en puissance du freelancing SAP possède 3 incidences majeures :
- elle complexifie grandement la tâche des cabinets de
recrutement de compétences SAP à qui l’on demande bien souvent de recruter des profils SAP expérimentés (> 3 ans d’expérience SAP),
- elle fait mécaniquement augmenter les prix de vente
aux clients finaux (cascades de marges commerciales alimentée par le recours aux agences de placement/brokers),
- elle fait mécaniquement (lorsque le marché est morose
en période de crise budgétaire notamment) baisser les marges brutes des acteurs du Conseil et des SSII.
Dans ce paradigme, les seuls gagnants sont les freelances SAP eux-mêmes qui n’ont pas pour ambition ou vocation d’être des managers
(rôle d’experts) et qui ont su par ailleurs se positionner sur des niches de marché SAP ou l’offre de compétences est rare ou grandement inférieure à la demande (ce qui est rare est cher et reste cher), telles que les new dim SAP
(NW XI PI BPS BIIP CRM SRM APO AOO WEBDYNPRO BSP ...).
Le modèle actuel qui en général fait intervenir plus de 2 (le plus souvent 3/4) intermédiaires dans la chaîne de sourcing qui part du
freelance SAP et qui arrive au DSI du client final contribue bien entendu à entretenir un climat de prix élevé.
Modèle actuel habituel (parfois un intermédiaire de moins : le
sous-traitant):
Freelance SAP
Prix de vente au broker : 600 euros HT/jour
▼
Broker SAP
Prix de vente à la SSII sous traitante : 600 *1.2 = 720 euros HT/jour de prestation hors frais de déplacements
▼
Intégrateur SAP 1 (sous traitant du Prime)
Prix de vente à l’intégrateur Prime : 720 *1.2 = 864 euros HT/jour de prestation hors frais de déplacements
▼
Intégrateur SAP Prime
Prix de vente au client final/DSI/ccSAP : 864 *1.2 = 1036 euros HT/jour de prestation hors frais de déplacements
Cumul de marges : 1036-600 = 436 euros HT/jour de prestation hors
frais !
Client final/DSI/CCSAP
Prix d’achat du freelance SAP : 1036 euros HT/jour
PS : le niveau de marge de 20 % est bien entendu un exemple, il
constitue une moyenne constatée.